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Après 8 jours incroyables passés chez Jimmy et Iu, nous avons l’intime conviction que nous ne sommes pas près de retrouver un tel confort. Nous ne croyons pas si bien sentir. L’une des premières phrases de notre nouvel hôte sera « You will have to survive ! » Nous, on pense qu’il fait de l’humour …

Rencontre avec Leo

12h00. Rendez-vous avec Mr. Chajkaphong à la gare routière de Chiang Mai. Il se fait appeler Leo, c’est toujours plus facile à prononcer pour les occidentaux. Leo, c’est le fils du couple de fermiers chez qui nous allons passer 3 jours. Lui, s’occupe du homestay, ses parents, eux, se fichent éperdument de savoir comment fonctionne un smartphone !  

Leo a l’air de s’éclater dans la gestion du homestay « Venez vous relaxer dans la campagne profonde thaïlandaise, vous « occidentaux » qui frôlez tous le burn-out, venez rencontrer la culture rurale au sein de ma famille chaleureuse ». En gros, il a trouvé un remède au mal être de nos sociétés. Jusque là on serait gonflé de lui en vouloir, n’est-ce pas ? Ce qui nous embête le plus, c’est qu’il nous a fait prendre conscience que la virée rurale avec un retour aux sources est devenu un effet de mode et donc une véritable poule aux œufs d’or. En gros tu payes plus qu’ailleurs pour un minimum de confort et tu repars content parce que tu en as bien chié. Ça fait des choses à raconter. Les émotions restent des créateurs de souvenirs efficaces.

En attendant le départ …

Nous voilà tous les 3 à attendre le départ de notre pick-up-bus-décapotable. Le «Songthaew» en Thaï qui veut dire littéralement «deux rangées», c’est le Taxi collectif local le plus accessible à la population.
(80 baths/passager = 2,40€ pour 90 km)

Leo préfère rester avec nous jusqu’au départ de notre carrosse, il veut prendre soin de ses invités. Avec Ben on a un léger sentiment d’assistanat mais bon, on n’a pas envie de vexer notre hôte bienveillant. À nous de se laisser un peu faire.

En attendant que le véhicule se remplisse, Leo me décrit toutes les activités auxquelles il sera possible de participer à la ferme (s’occuper des buffles, récolter le riz, confectionner des paniers en bambou…). Chouette ! On a hâte de découvrir ce nouveau mode de vie.
Après sa présentation, il me parlera pendant plus de 20 minutes de son nouveau concept de « site à guérir les occidentaux » pour que je lui dise ce que j’en pense. Un bout de forêt vierge, encerclée par les montagnes où il ferait construire des cabanes et des baignoires à ciel ouvert. Il a fait une bonne analyse des besoins, on ne peut pas vraiment dire le contraire. 

20 minutes plus tard. Le songthaew est prêt à partir. Nous nous enfilons comme des perles sur un fil jusqu’à ce que le dernier soit assis au bord du vide. C’est le camion sans portes ni fenêtres, ça fait rentrer l’air et le soleil, très sympa comme concept. Les uns contre les autres avec les sacs de fruits et de légumes entassés dans l’allée centrale, on peut y aller.

Virée en songthaew, direction Phrao

Nos cheveux s’envolent, l’air chauffé par le soleil s’engouffre partout, le bruit du moteur couvre nos voix. Personne ne parle, tout le monde apprécie ce vent de liberté, les yeux fixés sur la végétation qui défile à toute allure. Soudain, le songthaew ralentit pour embarquer un Thaïlandais qui jaillit de la jungle et s’agrippe agilement à l’échelle à l’arrière du véhicule. Pour les personnes plus âgées, notre pilote la joue plus cool et gare le camion sur le bas côté, le temps que ce nouveau petit monde s’installe. Avec Ben on commence à se lancer des regards interrogateurs « Mais où vont-ils s’asseoir ? » Et là, le Thaïlandais nous surprend comme toujours ! Un passager nous dégote un petit tabouret tressé qu’il placera en fil indienne derrière les sacs de courses.  

Toujours plus drôle à la locale !

Un monsieur qui paraît la soixantaine grimpe moins facilement que les autres. Il a des pansements sur tout le corps. Il me fait déjà de la peine car il ne semble pas en grande forme. Prêt à s’asseoir, lui aussi, sur le strapontin en osier sans aucune prise à laquelle s’accrocher. Cette situation semble absurde, je lui propose mon siège. Il accepte en souriant, ce qui entraînera une vague de sourires sur tous les visages. Je viens de gagner tellement plus qu’un dossier de banquette ! Et quel kiffe de finir le trajet perchée sur l’échelle, l’impression maintenant de pouvoir toucher la jungle. Ben, un peu envieux quand même, me rejoindra sur l’autre échelle jusqu’à ce que l’on arrive dans la petite ville de Phrao.

C’est un ami de Leo qui vient nous chercher à la gare routière, il ne parle pas un mot d’anglais, les sourires et les regards sont à nouveau notre seul moyen de communication. De toute façon, ce jeune homme et son beau pick-up ont l’air de savoir exactement quoi faire de nous sans rien que l’on ait à dire. On sent que Leo est aux commandes quelque part. Tout se passe comme sur des roulettes, le charme de la débrouille est rompu. Heureusement il se ravivera à la rencontre de la chef de maison à la ferme.

Un accueil rural authentique

Ici commence le « Guys, you will have to survive ! ».

Imaginez une femme de la soixantaine pas plus haute que moi (1m55), pas plus lourde qu’une enfant de 12 ans, des yeux ronds rieurs et le plus communicatif des sourires édentés, le tout coiffé d’un chapeau. Elle ne parle pas un seul mot d’anglais, et sort des sons aigus incompréhensibles, ce qui la rend encore plus surprenante.

Le téléphone de notre hôte sonne. C’est déjà Leo qui surveille que l’on ne manque de rien… Elle me passe l’appareil.

Moi : « Tu pourrais expliquer à ta mère que nous aimerions les vélos pour aller se chercher à manger dans les alentours ? »
Leo : « Ok. Vous allez manger au restaurant de ma tante, en direction du Nord ». 
Moi : « Heu…ok ».

Je repasse le téléphone à sa mère qui baragouinne des sons longs entrecoupés par une succession de cris très courts. Elle raccroche, nous fixe de ses yeux ronds, nous recrache à toute vitesse quelques mots en Thaï (comme si l’on n’y comprenait quelque chose), se met à courir et enfourche son vélo. Elle pédale si vite qu’on l’a déjà perdue de vue. On est bluffé ! Action-réaction. On grimpe sur les 2 derniers vélos décidés à rattraper le lapin Duracell.

En première place du peloton, notre hôte, en 2e place Ben et moi derrière qui essaye de rattraper le troupeau. Elle explose de rire. Rien que de me le remémorer, je me marre !
200 mètres plus loin. On est devant chez la tante qui nous met du riz, du porc, de la soupe et de la sauce dans une barquette et des petits sacs en plastique. 30 baths chacun (1 euro). Le plat est prêt à être emporter. Le bébé de la tante s’éclate dans son parc derrière les marmites.

Découverte du nouveau bercail

Coup de cœur pour les rideaux qui ne nous cacheront en rien la vue. Le toit décapotable et les fenêtres sans vitres nous rappellent que l’on est venu pour un retour à l’essentiel et qu’il est temps de cohabiter avec nos amis les bêtes. Ça nous rassure pas vraiment mais on gèrera ça au moment de se coucher.

Premier dîner à la ferme

18h00. La nuit commence à tomber. L’heure du dîner. Après les repas raffinés de Iu je sais que la barre est haute et que je ne peux pas m’attendre à des plats de cette qualité, malgré tout je ne peux pas m’empêcher de penser à ses Khao Soy, Pad Thaï et Poulet Curry vert. 

D’une ponctualité étonnante, voilà notre super fermière défiler avec un grand nombre d’assiettes. Concombres cuits en purée recouverts d’ail, boudin épicé noir émietté avec des morceaux visqueux blancs (du gras on suppose…),  chips de gras, soupe épicée au chou vert, et bien sûr l’incontournable cuiseur rempli de riz.  

Ben ne fait pas le difficile et picore dans chaque assiette, j’ai franchement plus de mal. Je finis quand même les concombres bouillis avec du riz blanc. Quand elle vient jeter un coup d’œil voir si l’on mange bien, je lui dis que le plat de concombres est bon. « Mais suis-je bête ! » J’avais oublié à quel point les Thaïlandais aiment faire plaisir et prendre soin des autres, voilà qu’elle se met illico presto à m’éplucher et me découper un nouveau concombre ! Elle me tend le bol en souriant. Ben rigole doucement. Vous imaginez bien que c’est moi qui ait dû le finir celui-là.

Les surprises de la nuit en cabane

22h00. Inspection de la cabane. Nous sommes encerclés par l’eau stagnante.

Les rizières et les marres sont aux pieds de trous rectangulaires béants appelés communément « fenêtres ». Une petite douche ne sera pas du luxe. Pfff que l’on est naïf, on a oublié 2 sec que l’on avait opté pour le séjour sommaire. La douche est gelée ! Bon ba il paraît que ça raffermit.

Qui va dormir avec nous ce soir ? On soulève les draps, les oreillers, les couvertures, on analyse la moustiquaire. Rien en vue. Ben pense qu’il vaut mieux ne pas aller chercher plus loin la petite bête de peur qu’on finisse par la trouver. Je valide. On s’endormira satisfaits de cette brève inspection.

Étonnamment, ce ne seront pas les moustiques qui nous accompagneront mais le chant de la nature. On dormirait dans une tente ce serait pareil. Le coassement rythmé des grenouilles et les cymbalisations des cigales résonnent comme s’ils étaient tous planqués sous le lit ! La hauteur de la cabane et les toits en taule participent à la résonance du concert nocturne.

 
4h du mat. J’ouvre un œil. Tous ces bruits font marcher mon imagination et je ne vais pas tarder à m’inventer un scorpion sous l’oreiller, je préfère en avoir le cœur net. Et là, c’est un point lumineux vert fluorescent que je vois planer au-dessus de la moustiquaire. Il flotte tranquillement dans le noir et se rapproche doucement vers moi. Je réveille Ben « Regarde ! La lumière vert fluo ! » (j’étais à 2 doigts de croire que des entités non identifiées voulaient communiquer avec moi). Ben prendra son ton mesuré et rassurant : « Oh ! Une luciole. » Ba moi, je n’en avais encore jamais vue …

Les sources chaudes, bouilloire à œufs !

Au réveil, dans notre cuisine, qui paraît être directement sculptée dans un arbre, un vrai buffet dégustation nous attend sur la table.

Ça commence à être vraiment difficile le riz et le chou au réveil sans parler des odeurs qui embaument l’atmosphère. Ben ne se fait pas prier et mange son assiette. J’arrive difficilement à bout de mon bol de riz.

11h00. Le téléphone de la mère sonne. C’est Leo. Nous comprenons qu’il a prévu notre journée. Ce sera une visite aux sources chaudes, 2e activité culturelle incontournable dans la vie des habitants après la visite au temple. Comme les autres fois, tout est bien ficelé, Leo est loin mais il a les manettes bien en main. C’est le cousin qui vient nous chercher et nous emmène au jardin des puits brûlants, les sources chaudes Nong Krok. Nous qui nous imaginions en bottes dans les rizières sous les instructions d’une agricultrice expérimentée ou encore à tresser des paniers en bambous, nous voilà engrenés dans le programme touristique de Leo.

Le pick-up flambant neuf détonne au milieu de ce décor. Nous nous faisons bercer par la route serpentée jusqu’au lieu de détente préféré des Thaïlandais. Bien sûr des stands sont installés à l’entrée du petit parc mais cette fois ils vendent des œufs en pagaille dans des petits paniers tressés en bambou. « Pourquoi autant d’œufs? » Le cousin nous suit jusque dans le parc, son envie de faire au mieux finit par nous mettre mal à l’aise. Il s’excuse de devoir nous laisser. « Enfin ! ». Il reviendra nous chercher 2h de plus tard.

J’hésite à expliquer à Leo que nous recherchons le réel dépaysement loin du confort, de la facilité et de la vie sécurisante que nous offrent notre pays. Pas vraiment envie d’être paysans la nuit et ministres le jour !

Nous voilà tous les 2 parachutés dans un jardin déserté par l’humain. Le soleil cogne. Les bassins donnent l’impression d’avoir été abandonnés il y a quelques années déjà. Nous observons l’eau verdâtre en ébullition depuis laquelle s’émane de la vapeur épaisse et une forte odeur d’œufs pourris. Je me rappelle avoir lu que les Thaïlandais adorent y faire cuire leurs œufs dans des paniers en bambou pendant qu’ils barbotent dans les eaux bouillantes. « L’odeur des œufs est incrustée à ce point ?! » Ben m’explique que c’est le souffre qui a une odeur d’œufs pourris.

L’influence bouddhiste est toujours présente avec des sculptures de serpent-dragons mythologiques sur les bords des bassins. C’est un beau lieu, en revanche, l’eau stagnante ne donne pas vraiment envie de mettre ses fesses dedans. On aperçoit une grenouille et un serpent bouillis au fond de l’eau. C’est un signe ? 

Et chez nous on appelle ça « SPA » !

La première famille arrive et s’installe. Les Thaïlandais ne font pas les pique-niques à moitié, ils ont tout l’attirail. De la paillasse à la glacière, tout est là. Toutes les générations aussi sont là. De la grand-mère aux petits-enfants.

Ils nous font passer pour des grosses chochottes quand tout à coup, ils rentrent dans le bassin comme dans leur bain chaud. Ils barbotent, ils discutent, ils rigolent, ils grignotent, ça donnerait presque envie.

On se décide à plonger nos mollets dans le grand bassin. C’est pas désagréable, juste bizarre d’avoir ses pieds au chaud quand l’air extérieur est déjà au-dessus des 30 degrés. 

A partir de 15h, c’est un véritable défilés de jeunes adolescents venus squatter le parc après les cours. Seuls les mecs viennent remplir le jacuzzi naturel, se baignant en survêtement et T-shirt pour certains. Les filles, elles, se partagent des assiettes de nouilles aux crevettes assises en ligne sur le sol vers l’entrée du parc. On ne sait pas trop si c’est parce qu’elles font les timides. En tout cas elles ne se privent pas de bouffe. 

Au bout de 45 minutes, le petit parc s’est transformé en une géante trempette familiale extra-scolaire. L’atmosphère est vraiment sympa. Tout le monde rit, tout le monde se sent chez soi, ils leur en faut pas plus pour être heureux. Et chez nous on appelle ça « SPA ». A Caliceo, on a même pas le droit de manger une barre de céréales au bord de l’eau et eux font cuire leur pique-nique dedans … Passer un moment en Thaïlande, c’est la détente garantie. A la bonne thaïette ! 

Mission survie !

16h30 : retour à la ferme. Le repas ne sera servi qu’à 18h00. Je veux anticiper cette fois. Nous avons 1h30 devant nous pour rejoindre la ville à vélo. Une fois là-bas, nous pourrons nous procurer les ingrédients nécessaires à la confection de pancakes. Plan diabolique pour accepter plus volontiers la bouillie de concombres lorsqu’elle est suivie d’une douceur réconfortante. Le corps est en manque de sucre total !

Depuis le début du séjour, nous n’avons vu aucune patisserie ou même un seul gâteau appétissant. Ils mangent du riz à tous les repas. Plus tard sur les routes, j’ai trouvé du soutien. On rencontrera une Française qui nous confiera qu’elle a bu régulièrement du coca depuis qu’elle voyage en Asie du Sud-Est pour répondre aux SOS lancés par son corps en manque de sucre. C’est une boisson dont elle n’a jamais envie en France. Et pourtant, nous avons appris que les Thaïlandais avaient un fort penchant pour le sucre et se plaçaient en 2e position sur la liste des pays les plus touchés par l’obésité en Asie du Sud-Est. Où le mettent-ils alors ?

Les pneus sont à plat. Ben trouve une pompe. Il regonfle la roue à bloc. Rien ne nous arrêtera ! On mime un départ imminent pour la ville à notre hôte qui nous regarde avec des grands yeux étonnés. On enfourche nos vélos. La pompe est chargée dans l’un des paniers, c’est plus judicieux. 

800 mètres plus loin : un stand « 1000 façons de manger de la banane » Youpi ! Premier stop. Premier soin. Ce sera un paquet de chips à la banane pour nous.

Le paquet dans mon panier à vélo. Je me rassasie en pédalant. Chaque bouchée de sucre me revigore. Quel boost ! c’est assez surprenant.

300 mètres plus loin : Ben me double. Mon pneu fatigue. Nouvelle pause pour regonflage. 

La petite ville ne doit plus être très loin. Peut-être encore 3 km. Je suis déterminée. J’aurai mes pancakes si j’ai à nouveau des concombres au petit-déjeuner.

2km plus loin : Nouvelle pause regonflage. L’agitation et le trafic de la ville est en vue. Youpi ! 

On gare les vélos. Une supérette. Farine et lait, c’est fait. Plus qu’à trouver les œufs et les fruits de la passion. Nouvelle mission. Sur les étals, on voit tous les fruits possibles et imaginables, mais pas un fruit de la passion en vue. On traverse le hangar en long en large et en travers. On sort sur une autre rue et là les fruits sont présentés sur le sol sur des morceaux de tissus. « Des boules vertes et jaunes de la taille de balle de tennis, c’est peut-être ce que l’on cherche ! » Nous voilà devant 6 femmes suspendues à nos lèvres. Je m’applique à prononcer « fruits de la passion » à l’aide de Google trad. Silence. Temps de réaction. Explosion de fous rires. A la bonne thaïette, elle chope un fruit et lui donne un bon coup de machette. Mission réussie. Nous avons les fruits de la passion. 

Paniers de vélos chargés, direction la ferme.

500 mètres plus loin. Mon pneu est fatigué. Je regonfle. En selle ! 

+ 400 mètres. Mon pneu est très fatigué. Je regonfle. Je remonte en selle. 

+ 300 mètres. Mon pneu est exténué malgré mes efforts.

+ 200 mètres. Mon pneu ne répond plus de rien. On finit à pied. 

En passant dans notre rue voisine, les marchandes devant leur maison nous offrent une grappe de bananes. Elles ne veulent pas d’argent en retour, c’est un cadeau. On a tout ce qu’il nous faut pour un dessert riche en sucres.

Le dîner est servi

Notre mère d’accueil nous tourne autour en pensant qu’elle est discrète. Elle me scrute avec un œil inquiet. Elle me mime qu’il faut que je mange. Je forme une boule de riz et concombres bouillis dans la bouche. Ben mange doucement mais sûrement.

L’assiette vide, je fais signe à nos 2 fermiers que je prends un récipient et une poêle pour commencer la confection de mon dessert tant attendu. Il me regardent gesticuler les yeux grands ouverts assis en tailleurs sur le sol terreux en train de déguster leur repas. 

Je verse la farine, bats les œufs, fais couler le lait. La fermière se lève pour venir jeter un œil par dessus mon épaule. Je lui explique qu’en France nous avons l’habitude de manger sucré à la fin du repas.

Notre conversation est un échange de gestes et de sons qui prend fin lorsque mon interlocutrice lance un : « Heiiiinnnnnn ». Il ressemble au nôtre mais celui-là est tout de même beaucoup plus long et nasal. Chez les Thaïlandais, il signifie comme pour nous « Ah! Je vois enfin ce dont tu me parles. » Le plus drôle c’est ce qui vient après, car le message a très rarement été compris en fait.

Nous voyons notre fermière dynamique ressortir des casseroles et se mettre à éplucher des bananes. Je regarde Ben, interloquée. Lui aussi est confus. C’est une véritable compétition de pâtissières qui se joue là. C’est sa mission à elle, de nous combler. On en croit pas nos yeux.  En plus de mes pancakes, nous aurons le droit à deux assiettes bombées de bananes frites dans un bain d’huile. 

Ouf ! Dernier petit déjeuner.

Je ne me démonte pas, je m’attaque aux pancakes. Cette fois elle prend la mesure de mon engouement pour la douceur sucrée. Elle finit par se dire que ça doit pas être mauvais pour me mettre dans cet état. C’est à moi de la faire manger cette fois. 

La fermière et sa nièce nous raccompagneront jusqu’à la gare routière. Je partage la banquette arrière avec notre hôte. Elle me prend la main comme si elle voulait me donner des forces. Son regard est tendre, enfantin. Elle est très touchante. Sur le quai, elle me fourrera des bananes dans mon sac et 2 bouteilles d’eau avant de monter à bord. A cas où nous n’aurions pas assez  mangé chez elle. 

11 réponses

  1. Toujours aussi passionnant. Les portraits de vos hôtes sont formidables on a l’impression d’y être. Les prises de vue sont réussies il y a des couleurs de soleil couchant qu’on ne voit pas ici. Bonne continuation je vous embrasse Papa.

  2. Vous m’avez fait tellement rire avec vos pneus et vos pancakes!!! 😂 nous hier on a tiré les rois au BTKasscroute et j’ai bien pensé à toi car tu nous as bien manqué. Bisous!

  3. J’ai bien rit en lisant vos aventures à la campagne thaïlandaise. . J’adore la vidéo de Pauline lors de son dernier petit déjeuner à la ferme…

  4. Toujours un grand plaisir de vous lire, on a vraiment l’impression d’être avec vous dans vos aventures.
    Les photos et les vidéos sont superbes.
    Bonne continuation les amoureux.

  5. Je prends un réel plaisir à vous lire , je vous imagine , je souris plus que je ne ris car je trouve cette aventure plus que touchante … je retiendrais de cette lecture le monsieur blessé à qui tu as laissé ta place, les sourires enchaînés des voyageurs et les bananes fourrés dans ta poche pour que tu ne crèves pas de faim Pauline. J ai hâte de lire la suite de cette aventure extraordinaire vous en êtes les acteurs et je la vis à travers vos récits …. merci pour ce beau partage ❤️

  6. Toujours un plaisir de lire vos aventures ! On voyage un peu nous aussi depuis notre canapé…
    Profitez bien et on attend le prochain récit. Bises

  7. Bravo pour
    1/ les petits déjeuners sales !
    2/ les vélos qui ne roulent pas …ou très mal !
    On se sent bien dépaysés en vous lisant… hâte de lire la suite de vos aventures !!!👍👍👍😘😘😘bisous !

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