Retour à la vie civilisée

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La ferme est derrière nous, notre prochaine étape est Chiang Rai. Cette ville culturelle reste peu fréquentée par les touristes. Chiang Rai est célèbre pour ses temples «colorés», ses artistes renommés, son « night bazar » électrisé, sa douce rivière et sa région encore verte. Cependant, le chemin pour arriver jusque là nous enseignera patience et calme.

Toujours sous les instructions de Leo …

Notre premier bus nous amène à bon port assez rapidement. Wiang Papao. Seule escale avant Chiang Rai. Comme prévu, nous sommes largués sur le bord d’une nationale polluée par le passage incessant de véhicules. Il doit faire 32 degrés. Le soleil frappe le bitume sur lequel nous sommes assis. Leo nous a fait un dessin que l’on doit retranscrire afin de trouver le panneau sous lequel attendre notre prochain bus « confortable et climatisé ». 

Nous essayons de faire coller la réalité au plan dessiné par Leo sur un bout de papier. On longe la route, les pas s’alourdissent au fur et à mesure que le thermomètre grimpe. « Pourquoi j’ai rajouté ce jean dans mon back-pack que je n’ai pas encore porté une seule fois ! »  

Ah ! un abri bus. Des gens attendent. On est donc pas complètement hors sujet. « Sawadika, c’est ici que l’on prend le bus vert pour Chiang Rai ? »

« Non c’est plus loin, là-bas au panneau » Le jeune Thaïlandais nous pointe un poteau, tout est flou. Il faut savoir que lorsque l’on demande la direction à un local, il faut s’attendre à être envoyé dans une direction opposée. Ce n’est pas que ça les fait rire de nous voir tourner en rond, c’est juste que cela serait trop impoli et rude de leur part de nous répondre qu’ils ne savent pas.

On ne se décourage pas, du moins pas encore, et on repart lire ce panneau de l’autre côté de la route. Ben revient enthousiaste. Les nouvelles sont bonnes « le panneau ‘Green bus’ existe bien »

Plus qu’à trouver un coin d’asphalte douillet pour patienter …

L’analyse de leur pub machiavélique pour les assurances nous permet également de tuer quelques minutes.

30 minutes plus tard 

Un bus bleu avec la mention Chiang Rai s’arrête devant nous : «  Youpi ! ». En 2 secondes nous replions notre campement et nous sommes à la porte du bus. Version locale. On adore ! On verrait Presque les poules qui volent au dessus de nos têtes. Des parois très aérées, la musique, le bruit du moteur, les sièges rapprochés, on est au top là ! Je montre notre ticket au chauffeur. « Non ici c’est le bus bleu, ce ticket est pour le bus vert ». Il suffirait d’acheter 2 tickets à 40 Baths (1.20€), tout de suite et poursuivre la route avec ce monde fort sympathique. Un coup d’œil à mon partenaire d’aventures. On est d’accord. La patience est de mise, nous ne sommes pas pressés, nous attendrons notre bus vert déjà payé par Leo.

30 minutes plus tard

Un nouveau bus ! En plus il est vert. « Youpi ! » On remballe le campement. Celui-là a l’air beaucoup moins « local » et bcp plus « 1ère classe ». Je parie que c’est ce qu’il a choisi pour nous. On montre notre ticket à « l’hôtesse du bus en chemisier blanc ». « Non ce n’est pas celui-là, vous c’est le suivant ». 

Ascenseur émotionnel. Ils se sont fait passer le mot ou quoi ? 

Cours sur la patience, niveau débutant atteint. 

Je me remets sur notre article « Survivre à la ferme », les émotions qui me traversent m’aident à déverser un grand nombre de mots. Ça fait du bien. 

30 minutes plus tard

Celui-là c’est sûr, c’est pour nous. « Chéri ! Regarde, un autre bus ! Vite nos affaires ! »

Et Hop tout sur le dos, on a le coup de main. Je tends mon ticket, mes mouvements sont dynamiques et plein d’espoir. Une nouvelle hôtesse. « Non, le bus vert va passer, mais ce n’est pas celui-ci »

Là j’ai envie de rappeler Leo et lui demander s’il considère que l’attente de 2h sur un trottoir vue sur la nationale en plein cagnard est classée « 1ère classe ». 

On prend une grande inspiration. Cours sur la patience niveau intermédiaire en cours d’acquisition. 
Ben guette l’horizon.

30 minutes plus tard. 

Un nouveau bus. Ben m’appelle. « Chérie, le green bus est là !». On remballe. On grimpe. On est accueillis. On s’installe. La clim est à fond. On se gèle. 

Chiang Rai en bleu, blanc, noir

17h00. Enfin arrivés à la gare routière de Chiang Rai. Nous sommes instantanément plongés dans le fameux Night Bazar de Chiang Rai qui consiste, surprenamment nous direz-vous, en une guirlande de stands et d’échoppes qui entremêlent artisanat, barbecues géants et pyramide de fruits. C’est le labyrinthe des 1001 odeurs et couleurs, le couloir des tentations. Mon regard est absorbé à droite puis à gauche. Mais Ben me coupe « On a 2km pour rejoindre notre homestay, pas vraiment le moment de faire les boutiques ! » Moi : « Ah bon !? ». Mon esprit revient à la réalité, la tête tirée hors de ce musée à ciel ouvert éveilleur de sens. J’en avais oublié le poids du pack-pack, qui de retour à la réalité, donne l’impression d’avoir doublé sur mes épaules.

Le chemin consiste à longer la route principale qui traverse le centre ville. Se frayer une place pour ne pas être sur la chaussée est un gros challenge en Thaïlande sachant que les trottoirs n’existent pas et le piéton n’est pas prioritaire. Rajoutez à cela les trous à éviter sous chacun de vos pas, le tout demande une concentration maximale et constante dans un décor où tout est nouveau. Ne pas se laisser captiver par chaque différence culturelle chez l’habitant, le marchand ou par les nombreuses bizarreries locales me demande un effort de chaque instant.

«Au niveau du seven/eleven, on tourne à gauche et on y est ». C’est Ben qui gère la carte. Voici notre nouvelle maison. Hervé, un Français d’une quarantaine d’année, nous accueille avec sa femme Thaïlandaise et leur petit bout de chou à peine né. On jette nos sacs et allons arpenter le centre ville à pied. Ça fait du bien de retrouver notre indépendance !

Wat Rong Khun, le Temple Blanc

Au réveil. Un scooter. C’est parti pour le sud de la ville direction le Temple Blanc. On nous en a déjà beaucoup parlé. « Il doit vraiment avoir quelque chose de spécial ce temple … »

En effet, cette oeuvre de Chalermchai Kositipipat peut difficilement nous laisser indifférent. Le lieu est un parcours d’absurdités, de fantaisies et d’étrangetés qui nous ramènent tantôt à nos représentations de l’enfer tantôt à celles du paradis. Des têtes flottantes et des super héros des BD Marvel nous accompagnent jusqu’à l’entrée de temples couvert d’or. La pop culture est utilisée pour sensibiliser les plus jeunes à la religion bouddhiste.

Ces super héros sont les protecteurs et gardiens des lieux. Ils représentent le bien. Les Thaïlandais pourront Les prendre comme modèles dans leur quête de faire le bien de façon désintéressée afin de chasser le mauvais karma.

Les bâtiments dorés représentent le corps, l’argent, les possessions et la cupidité tandis que le majestueux Temple Blanc représente l’esprit, la pureté du Bouddhisme et ses morceaux de miroirs, l’illumination.

Le Temple Blanc, trône magistralement à l’entrée du site. Sa blancheur est éblouissante, les mosaïques de miroirs sur ses façades scintillent et renvoient les rayons du soleil. Ce décor paraît irréel, on se croirait plongé dans un conte de fée où les ténèbres jouent le rôle du grand méchant.

Nous marchons sur le pont au-dessus de cette marre de mains tendues désespérément vers le ciel. Elles cherchent à nous attirer dans leur enfer, elles qui n’ont pas su résister à la tentation et au désir. Le pont représente le chemin du bonheur, accessible à tous ceux qui ont su éviter les pièges de la cupidité. Les moines ont eux aussi emprunté le chemin du bonheur jusqu’à la porte du ciel.

A l’intérieur, les peintures murales représentent des idoles occidentales comme Michael Jackson au milieu d’attaques terroristes commandés par l’Homme destructeur, mais Hello Kitty et Harry Potter flottent aussi dans les airs pour rappeler que ce monde n’est qu’illusion.

On n’en a pas eu assez, il a éveillé notre curiosité et nous voulons en savoir plus sur cet artiste. On traverse la rue pour voir l’exposition de ses oeuvres sur les 25 dernières années. Malgré les revendications que ce lieu a suscitées en modernisant les traditions, la fréquentation et les dons ne cessent de croître. Nous avons dû faire la queue avant de monter sur le pont !

Après ça nous ne sommes plus trop étonnés que Chalermchai Kositipipat soit aussi le concepteur de la Tour de l’Horloge, en plein cœur de Chiang Rai. Excentrique et imposante vêtue de sa peinture or, elle fait son show de lumières tous les soirs en sonnant les 7, 8 et 9 coups.

Le Temple Bleu, Wat Rong Suea Ten

C’est maintenant autour du Temple Bleu de nous éblouir. Direction le Nord.

Ce temple est très récent. Son hall a été achevé en 2016. « Suea Ten » signifie « le tigre qui danse  » pourtant le beau félin n’est pas le symbole du sanctuaire. Le nom s’est inspiré de l’époque où les tigres sautaient la rivière dans le village. Les villageois ont décidé de construire ce magnifique édifice à la place d’un temple abandonné. Le résultat est remarquable. Les couleurs sont extraordinaires et les images restent en mémoire. L’imposant Bouddha blanc nacré qui trône dans un décor totalement bleu est sublime.

Les robes safran des Moines visiteurs détonnent sur le fond bleu au plus grand plaisir de notre objectif.

Je me suis dit que ça irait bien à mon chéri ce fond bleu avec ses yeux …

Puis ça a loupé car on mate plus le mec en paréo derrière !

Changement d’ambiance à la Maison noire

Le musée Baan Daam (littéralement « Maison Noire »), est un musée à ciel ouvert qui se situe a 15km au Nord de Chiang Rai. La Maison Noire est facilement identifié comme l’opposé du Temple Blanc, étant donné qu’elle met en avant l’obscurité et le morbide. Intéressant …

L’auteur de cet espace d’art est l’artiste thaïlandais Thawan Duchanee qui a été le mentor du créateur du Temple Blanc. Thawan Duchanee est le premier artiste Thaïlandais à connaître une renommée internationale. Il fera de son musée son lieu de résidence jusqu’à la fin de sa vie. On ne peut évidemment pas manquer cette visite !

Comme d’habitude nous suivons l’application de maps.me pour se guider dans les alentours sans internet. Ce qui est intéressant sur cette application c’est qu’une grande communauté de personnes ajoutent des informations pratiques sur la carte ce qui nous permet souvent de découvrir des lieux insolites. Cette fois-ci, ce qui nous a surpris, c’est qu’en arrivant à la hauteur du panneau indiquant le musée à deux pas, Pauline (qui gère le GPS pendant que je conduis), me dit de prendre une petite route en terre partant dans la forêt. L’application lui aurait proposé un chemin menant vers une autre entrée que celle indiquée par le gros panneau en bois devant nous … En effet après s’être garés sous un arbre, nous voyons, comme prévu, une entrée à quelques mètres de là. Personne ne nous demandera de payer pour entrer.

Ce musée situé dans un grand parc, est composé de 40 habitations traditionnelles. La plupart sont noires ébènes, presque menaçantes. Toutes plus étranges les unes que les autres, elles sont disséminées un peu partout dans l’enceinte du lieu. Chaque hutte est décorée du sol au plafond d’objets morbides de toute sorte et de toute époque. Des squelettes d’animaux, des peaux et des armes sont exposés dans les grandes pièces obscures.

Nous marchons à travers le parc quand tout à coup on tombe nez à nez avec d’énormes buffles. On fait d’abord un mouvement de recul, puis on finit par se dire que ça va bien avec l’ambiance … Une petite fille hurle et court dans tous les sens car le buffle s’est approché trop près apparemment.

Plus loin, un peu cachés dans les arbres des lieux de méditations et cérémonies spirituelles. Chouette on va s’amuser un peu ! Je trouve qu’il y a toujours une atmosphère spéciale dans ces endroits, comme si les esprits invoqués avaient décidé de rester par là. Cette capsule blanche immaculée me surprend lorsque je découvre un intérieur totalement noir, absolument aucune trace de quelconque lueur de l’autre coté de la porte. Cela donne l’effet d’une perte de repère immédiate. Nous ne sommes clairement pas habitué au noir le plus total, la sensation est surprenante !

On tripe bien ici.

Thawan Duchanee n’a pas fini de nous surprendre. Il nous emmène maintenant à travers les gongs géants et autres percussions dans un salon sculpté dans le bois. Toucher, regarder, faire vibrer cet énorme tambour métallique nous transporte quelques instants. Avec un peu d’imagination on s’y croirait !

Les étrangetés excentriques nous accompagneront jusqu’au petit coin.

Big Bouddha – Wat Huay Pla Kung

Alors c’est quoi ce Big Bouddha ? Franchement on en a vu déjà pas mal à Bangkok et Chiang Mai des Big Buddha. Pourtant il paraît que c’est à ne pas rater …

Ben qui conduit : « Chérie, on est dans la bonne direction ? »

Moi : « Heu… tourne la tête à droite, il semblerait que c’est là …! »

Je me suis permise d’emprunter cette photo au site Thaïlande.com car c’était un peu sportif de prendre la photo depuis la route. Cette statue est invraisemblable, pharamineuse, fantastique. Elle trône sur une montagne qui soudain paraît minuscule, on est plus dans le monde réel.

Appelé à tort Big Bouddha, cette statue représente la déesse de la compassion.

On grimpe les marches, la majorité montera la colline en tuk-tuk. On s’enfonce dans le corps de la géante pour visiter ses entrailles. Cette fois c’est un ascenseur qui nous projète jusqu’au sommet de son crâne.

Depuis les yeux de la déesse, on contemple les terres arborées de la région.

Les splendides créatures mythologiques nous encerclent pour mieux nous éblouir de leur blancheur éclatante. Pas un seul centimètre carré n’est laissé au hasard.

La boucle du Chiang Rai en couleurs s’achèvera sur cette touche de blanc.

7 réponses

  1. Formidable, on se régale! Quelles belles photos et tes informations nous permettent de mieux apprécier ce que nous voyons. Il y a beaucoup de choses intéressantes. Bises. Eric.

  2. Sawatdi-ka Pauline
    Sawatdi krap Ben….
    Je vois que vous profitez de ce tellement beau pays…. promis cuisine thaïe à la maison quand vous serez décidés à rentrer… Si vous rentrez.
    Des bises
    Jp btk

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