La frénésie Bangkokoise

Nous y sommes, heureux de flâner de tuk-tuk illuminés en bus à flans ouverts. Au milieu du tumulte de la ville, nous slalomerons entre stands, lumières et babioles qui inondent les trottoirs, sans oublier d’éviter les envolées soudaines de scooters. Bangkok est une véritable cantine à ciel ouvert où les échoppes de cuisine de rue se succèdent recrachant mille odeurs dans l’air chaud et humide de la capitale tropicale. Du poisson aux épices, en passant par les carcasses de canard et les poulets frits, Bangkok met nos 5 sens en ébullition sans la moindre seconde de répit.

Rencontre avec le tuk-tuk …

Vous vous rappelez de notre vidéo d’arrivée en tuktuk, lorsque je dis que notre chauffeur ne sait pas où est l’auberge ? Je ne croyais pas si bien dire…

Voici le contexte.
Atterrissage Bangkok 20h45. Douanes, valise, bureau de change puis métro direction la station la plus proche de notre auberge. Station Sam Yan, grandes avenues éclairées par 1000 véhicules de toutes sortes. Il est 22h00. On a 20h de voyage dans les pattes et 15 kilos d’affaires sur le dos, autant dire, que c’est pas vraiment à ce moment là que j’ai le plus envie d’errer dans les rues à lire une carte sous les lampadaires. Je propose à Ben de choper un tuk-tuk. Il est ok.

Moi : «  Sawat di khra, savez-vous où est située l’auberge ‘ Everyday Bangkok hostel’ » ?
Tuk-tuk man : « Oulala, c’est au moins à 30 minutes à pied (sous-entendu ‘ma pauvre t’es pas prête de poser tes fesses’) ! »
Moi : « C’est combien pour aller jusque là-bas ? »
Tuk-tuk man : « 150 baths (environ 4,50€)  »

Sachant qu’un trajet de métro ou bus = <1€ ; un plat riz poulet frit = 1,50€
En gros le mec donne un prix invraisemblable (jusque là ça fait partie du jeu de l’étranger fraîchement débarqué dans le pays).

Moi : « 100 B »
Tuk-tuk man « 120 B »
Nous : « Ok go ! »

Même si on sait pertinemment qu’il a gonflé le prix à bloc, on accepte le jeu en tant que novice de Bangkok. Nous voilà en route. 50 mètres plus loin. Le tuk-tuk s’arrête dans une rue très animée.

Tuk-tuk man : « Toi le garçon, tu me suis, tu viens avec moi ! »

Ben le suit. Je reste dans le tuktuk avec les sacs. 5 bonnes minutes après, les revoilà.

Ben : « Il ne sait pas où c’est, il vient de demander à un gars de l’hôtel de vérifier sur son gps. » Je me marre.
Tuk-tuk man qui remonte à bord : « C’est bon Je sais ! Je sais ! »

50 mètres plus loin. Il tourne à droite dans une ruelle, puis s’enfonce 2 ou 3 ruelles plus loin. La rue est obscure et silencieuse. Il s’arrête devant un hôtel.

Nous : « Ah non c’est pas là. »

Le gars de l’hôtel nous voit et sort pour savoir si le chauffeur a besoin d’aide. GPS. Rebelote.

Tuk-tuk man : « C’est bon je sais ! »

3 virages plus loin, nous sortons des ruelles pour s’engager dans une nouvelle rue. Ben reconnaît l’enseigne. Conclusion : l’auberge était à 200 mètres de la sortie du métro.

Se laisser porter par le flot de Bangkok

1ère journée, départ de l’auberge 14h (grasse mat’ oblige). Waoo le soleil tape ! Il doit faire 30. L’hiver était court. On a faim. Envie de manger au grand marché local de Chinatown. Dans la rue, on lit la carte, ce qui forcément attire un tuk-tuk. Tuk-tuk man : « Je vous emmène ? »

Nous, cette fois bien décidés à ne pas se faire avoir. « On veut aller au marché de Chinatown. 20 Baths ? » On lui pointe le lieu sur la carte pour être sûrs qu’on parle du même lieu.
Tuk-tuk man : « Sea food 20 baths ? » C’est le nom d’un lieu situé à l’entrée du marché.
Nous : « Ok ! »

On grimpe. Nous voilà partis, mini kart sur 3 roues au milieu d’un flot infini de véhicules bruyants de toutes tailles. 10 minutes de bouchons, 500 mètres plus loin. Il fait demi-tour. Ça recommence. Il fait le chemin inverse. Il nous pose devant un restaurant désert avec des aquariums. Il veut en plus nous attendre pour la suite des surprises. C’est un gag. Ses copains eux aussi nous attendent pour le déjeuner 4 fois plus cher qu’ailleurs. On dit « non merci ». On tourne les talons. On est maintenant encore plus loin de l’objectif à atteindre.

On a toujours faim.

On reprend la route à pied cette fois, ce sera forcément plus productif. Un bus local, on grimpe. On décide de s’arrêter là où l’atmosphère et les odeurs nous plairont. Un kilomètre plus loin, une rue animée, des cuisines de fortune. On descend. Des locaux, étudiants, commerçants, ouvriers, tout le monde se mélange. Les tables de camping sur les trottoirs sont remplies, on repère une table vide. Parfait. Riz et poulet sauce épicée cuisinés par 2 Thaïlandaises derrière leur fourneau à roulette. 40 baths (1,50 €). Un régal.

Une fois repus, direction le parc Lumpini pour sortir de ce tumulte et apprécier de l’herbe bien confortable. Les parcs sont aussi de chouettes lieux pour rencontrer des locaux et se faire une idée da la vie quotidienne du Thaïlandais. En effet. Encore une fois, nous ne sommes pas déçus.

Un groupe de 10 personnes âgées est en train de suivre la meneuse qui exécute les mouvements dictés par une enceinte en Thaï. Tout le monde suit avec un sérieux exemplaire. On s’allonge dans l’herbe. Notre voisin, cheveux grisonnants d’une soixantaine d’année tord son corps en 2, il semble désarticulé, c’est assez impressionnant surtout quand nous-mêmes avons du mal à toucher nos pieds sans plier les jambes. Rien qu’à les voir, nous sommes épuisés, nous nous endormons.

30 minutes plus tard, il est temps de faire le tour du parc. On contourne le lac. Cette fois c’est 100 personnes de tout âge qui suivent le leader musclé en mini short. Les enceintes crachent la musique à fond. Nous regardons jusqu’à ce que la musique s’arrête. La fourmilière s’évapore en une fraction de seconde.

On reprend notre chemin quand, soudain, tout le monde autour de nous se fige. Une force supérieure a appuyé sur pause. Et nous, pourquoi on bouge encore ? Nous nous arrêtons de stupéfaction. Le message qui sort des hauts-parleurs du parc se termine. Les Thaïlandais se dégèlent. Ça c’était incroyable. On apprendra plus tard que 2 fois par jour l’hymne national est joué dans les lieux publics ainsi que sur les ondes et que tout le monde doit s’immobiliser en respect pour la nation.
On approche des grilles du parc et là, devinez quoi ? Un podium, une prof de fitness, des enceintes et une cinquantaine de personnes qui suivent, focalisées et synchronisées.

On sort du parc pour reprendre notre activité favorite : la flânerie.

Quand la nuit tombe …

Quel plaisir de se perdre et de ne se laisser guider que par ses sens et ses intuitions. La nourriture est partout, il est difficile de ne pas trébucher tant le regard est attiré par 1000 casseroles en feu. Il faut bien faire un choix. Il se portera sur un concept hybride encore jamais expérimenté, la mi barbecue mi fondue chinoise. Mélange de poissons et de viandes à faire cuire sur un cône en métal en équilibre sur un chaudron de braises. Perdus et un peu empotés, je mets quoi où ? La vieille locale vient nous donner un cours particulier au milieu des locaux. Un régal.

Pour la digestion, flânons. Au détour de quelques rues, nous voilà prisonniers de la bourrasque commerciale de l’une des rues les plus touristique de Bangkok. Patpong. Un filet à touristes non grâce à des temples somptueux mais grâce à des corps voluptueux. Quelle tristesse. Ces filles sont très belles, alignées, on les devine à travers des rideaux laissés subtilement entrouverts pour que le passant ne puisse pas manquer ces courbes parfaites. Des rangées de poupées asiatiques trop peu vêtues. Les hommes sont là pour le racolage, ils alpaguent Ben en premier évidemment et quand j’ai de la chance « Your wife can watch too », quand je n’en ai pas, c’est avec un chuchotement à l’oreille que Ben est invité. Leur créativité est sans limite (pingpong show et autres absurdités obscènes dégradantes). On reste témoin de ce spectacle navrant. La rue est bondée d’occidentaux, ce sont les premiers touristes que l’on voit depuis le début de la journée. C’est donc en partie pour ça que la Thaïlande attire 20 millions de touristes par an. On est content d’en sortir.

L’heure est venue de manger une mangue accompagnée de riz gluant, lait de noix de coco parsemé de graines de sésames. On en a vu assez pour aujourd’hui, on rentre à l’auberge.

8 réponses

  1. Vielen Dank et merci à Jutta et à tous les deux de m’avoir permis de pouvoir partager votre voyage, vos impressions , vis aventures avec moi.
    Profitez un max !
    Amicalement
    Monika

  2. Merci pour ce beau récit qui met en éveil tous mes sens !

    Je ne reconnais pas le Bangkok, ni probablement la Thaïlande que vous me raconterez plus tard (!) de 1993, et c’est bien normal .

    Enjoy et à bientôt !

    Béatrice

  3. Incroyable votre première journée, ça laisse rêveur.. et songeur surtout cette dernière partie..profitez bien les amoureux et continuez de nous faire voyager!

  4. Et ce n’est que le premier jour……je suis presque aussi fatiguée que vous en lisant votre joli récit si vivant de vos aventures en tuk-tuk, du fitness, des repas, des odeurs et des tristes attractions touristiques….
    Belle et heureuse continuation ! J’ai hâte de lire la suite !

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