Escalader le Mont Aiguille quand on ne sait pas faire un nœud de 8… C’est possible.

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Un niveau d’escalade proche de 0 et une expérience de Via Ferrata qui s’est pas super bien passée. Et voilà comment des amis m’ont convaincus que je pourrais quand même les accompagner à l’assaut du Mont Aiguille.

Le Mont Aiguille c’est une montagne située dans le massif du Vercors dans le village de Chichilianne. Sa face nord-ouest est bien connue des passionnés d’escalade et culmine à 2087 m d’altitude. Et c’est donc là que j’ai décidé de vous emmener pour ce # coup de soleil qui s’est vite transformé en # coup de chaud.

L’ascension de la voie normale est jugée peu difficile. Pour les connaisseurs, c’est un niveau 3c, 3b obligatoire. Mais quand on accède au parking de la Richardière, départ de l’aventure, on se dit tout de suite que ça ne va pas être si simple.

Les préparatifs

Alors avant de partir il y a deux trois choses à ne surtout pas oublier.

  • Le plus important : une gagne d’amis sympathiques et motivés avec des Team Leaders au top. Pour moi ils s’appellent Sophie et Georges et ils vont être après mes bâtons de marche 🙂 les plus précieux alliés de cette ascension.
  • Niveau matériel : tout ce qu’il faut pour l’escalade évidemment. Préférez le pantalon au short pour la grimpe et n’oubliez pas des bâtons de marche. Si comme nous vous avez décidé de dormir au sommet, vous allez être un peu chargés. Il faut avoir pour la nuit : des vêtements chauds, des lampes frontales, des matelas et un bon sac de couchage.
  • Pour manger et boire : compter deux repas et un petit déjeuner… Pensez léger, nous n’avons pas eu très faim. Par contre il ne faut pas lésiner sur l’eau !!! 3 litres par personne minimum.
Matériel pour l'ascension du Mont Aiguille
Petit aperçu de nos sacs à dos

C’est maintenant le moment de se lancer. Nous avons décidé de prendre notre temps. Puisque nous allons dormir au sommet et faire le parcours en deux jours… Rien ne sert de se presser. Nous partons donc le vendredi 15 août à 12h30, depuis le parking de la Richardière.

La marche d’approche

Avant de défier les lois de la gravité, il faut faire une petite balade de 8 km et 650 m de dénivelé positif pour arriver au pied de la paroi. Et ça monte !!! Tout le temps. A ce moment là tes meilleurs amis sont tes bâtons de marche qu’il ne faut surtout pas oublier en partant. Les 1h30 de marche d’approche vont finalement vite se transformer en 2h30 pour nous… Faute à une pause repas et à mon rythme de marche 🙂 Les dernières montées sont les plus raides et les plus difficiles.

Et maintenant il faut grimper

Il est 15h30. Nous voilà au pied de la paroi. Les choses sérieuses commencent. Pour être honnête, à ce moment là, je me dis que je n’y arriverai jamais. Je suis exténuée par la marche d’approche et il faut quand même que je vous le dise. J’ai peur du vide 🙂 Une fois ce détail oublié, en tout cas pour l’instant, je tente avec du mal à enfiler ce que l’on appelle communément un baudrier agrémenté de tout un tas de décorations, une longe, une vache, des dégaines, un descendeur… Casque vissée sur la tête, me voilà fin prête.

Nous allons réaliser cette ascension en relais. Georges part le premier. Il est assuré par Sophie depuis le sol ou la plateforme où l’on se trouve et il pose des points d’ancrage et des « friends » (une installation qui est ton amie et qui te permet de monter certains obstacles plus facilement) pour nous permettre de grimper. Nous avons deux cordes. De mon côté je suis accrochée sur la verte et mon amoureux sur la bleu. Sophie, elle, est sur la verte également. Elle fermera la marche… Enfin la grimpe 🙂

Les débuts me semblent simple et je retrouve de l’énergie. On a le temps de se reposer entre chaque étape. On se suit tous d’à peu près 5 mètres et à chaque fois que l’on arrive jusqu’aux plateformes intermédiaires, on se vache 🙂 Je m’explique… Sur le baudrier on a deux mousquetons avec des longes. L’une plus courte que l’autre. Se vacher signifie attacher le mousqueton au point d’ancrage présent sur la paroi avec l’une des deux longes, en fonction de la distance. L’idée c’est de se sécuriser en attendant que le prochain arrive et que Georges reparte ouvrir la prochaine étape.

On prend notre rythme et on grimpe… Un relais… Deux relais… Trois relais… Je suis certaine que tu as compris le principe 🙂 Et puis arrive le moment où il faut faire des choix. Alors on monte à gauche… Ou à droite… On contourne cette paroi ou on descend pour remonter… Le genre de questions que je n’avais pas du tout anticipé !!! Je pensais naïvement que comme pour les randonnées en forêt il devait y avoir des signes qui te montrent le chemin… Et bien devine quoi… Il n’y a rien du tout…

Et c’est à ce moment précis où des bruits commencent à se faire entendre. Quelques pierres qui tombent, certaines passent juste à côté de nous. Quelqu’un est en train de faire tomber des projectiles naturels à quelques centimètres de nos têtes. Et ce quelqu’un a en fait quatre pattes. C’est un chamois ou un bouquetin 🐏… Enfin je ne suis plus très sûre 🙂 L’occasion d’apprendre à reconnaître l’un, de l’autre… Les chamois ont un masque noir sur la tête et des courtes cornes noires alors que les bouquetins ont un pelage uni et de grandes cornes grise striées. Donc de mémoire, il s’agit en fait d’un bouquetin malin qui a décidé de nous faire quelques frayeurs. Mais le positif, c’est que… Qui dit bouquetin… Dit sommet pas loin…

Alors ça y est on a trouvé le bon chemin… On a rencontré le bouquetin… Là je me dis que je tiens le bon bout. Mais ça c’était sans compter ce dernier tiers qui en fait est le plus compliqué. J’avoue avoir eu du mal à le grimper. Surtout la dernière partie. Le stress de voir la nuit arrivée n’a sûrement pas aidé. Heureusement j’avais une gagne 🚶🚶‍♀️🚶‍♂️ d’enfer !!! Georges ouvre la voie et pose quelques amis (mais si tu te rappelles les « friends », ces mousquetons qui t’aident à monter quand c’est trop dur !!!) et puis l’amoureux juste devant qui me tire et puis Sophie juste derrière qui me pousse… Ouf ça passe… Il y a franchement eu quelques moments de solitude 🙂

Et puis voilà les retardataires professionnels qui arrivent !!! Et ils sont pressés. Un guide, à peine sécurisé, qui monte pratiquement en courant. Et puis, un père et son fils qui à mon avis jouent le chrono et qui emmêlent leur corde dans les nôtres pour nous passer devant… Le seul petit point négatif de l’aventure. Mais on reste zen… Et puis on ne lâche pas. Et enfin… LE SOMMET ⛰️🎉🍾💥.

Normalement il faut à priori deux heures pour monter. Je pense qu’on a mis au moins le double… Mais peu importe. On y est 🙂

Le bivouac au sommet

Lorsque nous arrivons, il fait presque nuit. Je crois que je vois à peine le soleil se coucher. Vite préparer le camp. Enfin le matelas et le sac de couchage et surtout !!!! Tout de suite se changer, mettre quelques vêtements secs et sortir la frontale. Ça peut être utile pour trouver la nourriture dans le sac. Il est temps de dormir… Enfin d’essayer 🙂 Je me glisse dans le sac de couchage. C’est plutôt confortable en fait. Je m’attendais à pire. Je me colle à mon amoureux qui ne quitte pas son bonnet. Ben oui quand même il fait pas hyper chaud là haut !!! Et j’attend que Morphée m’enlace dans ses bras douillets… Et j’attend… J’attend… J’attend… J’attend… Et comme j’en ai marre d’attendre, j’ouvre les yeux… Le jour est levé ☀️… A priori j’ai quand même un peu dormi 🙂

La descente on s’en « rappel »

Le bilan

J’étais sceptique au début. Désespérée à certains moments. Émerveillée à d’autres. Souvent apeurée et au final fière d’y être arrivée. Et puis il y a la fameuse question… Et si c’était à refaire ? Et bien j’y retournerais avec la même gagne… Mais cette fois-ci sans se tromper à la descente 🙂 Et puis maintenant… Je sais faire un nœud de 8 😉

Merci à Georges & Sophie pour leur patience et leur aide précieuse.

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